L’usurpation de numéros de téléphone prend une ampleur inédite en France. Cette pratique, également appelée « spoofing », consiste à faire apparaître sur le téléphone d’une personne un numéro différent de celui réellement utilisé pour passer l’appel.
Les chiffres publiés par l’Arcep illustrent l’ampleur du phénomène : les signalements d’usurpation de numéros enregistrés sur la plateforme « J’alerte l’Arcep » sont passés de 531 en 2023 à plus de 19 000 en 2025. Ils constituent désormais la première cause de signalement adressée au régulateur.
Cybermalveillance.gouv.fr a également observé une très forte progression du phénomène en 2025, avec une hausse de 517 % des recherches d’assistance liées à l’usurpation de numéro de téléphone.

Comment fonctionne l’usurpation d’un numéro ?
Le principe est particulièrement trompeur : lorsqu’un fraudeur appelle sa victime, il peut faire apparaître à l’écran un numéro qui ne lui appartient pas.
Le numéro usurpé peut être celui d’un particulier, d’une entreprise ou même d’un organisme connu. L’objectif peut être de rendre l’appel plus crédible, d’inciter la personne à décrocher ou de faciliter une tentative d’escroquerie.
Pour le véritable propriétaire du numéro, la situation peut être particulièrement déroutante. Il peut recevoir des appels de personnes affirmant avoir été contactées par son numéro alors qu’il n’a passé aucun appel. L’Arcep précise d’ailleurs qu’une usurpation ne signifie pas nécessairement que les données personnelles ou la carte SIM de la personne ont été compromises : les fraudeurs peuvent utiliser des numéros de manière aléatoire et temporaire.
43 % des consommateurs concernés
Le phénomène ne se limite plus à quelques cas isolés. Dans son Observatoire de la satisfaction client 2026, l’Arcep indique que 43 % des utilisateurs interrogés déclarent être victimes d’usurpation de numéro au moins une fois par mois, et 13 % au moins une fois par jour. Par ailleurs, 94 % déclarent avoir reçu au moins un appel ou SMS indésirable au cours des trois derniers mois.
Cette multiplication des appels frauduleux affecte progressivement la confiance accordée au téléphone : selon l’Arcep, 92 % des clients des opérateurs déclarent ne décrocher que ponctuellement, rarement ou jamais lorsqu’ils reçoivent un appel provenant d’un numéro inconnu.

De nouvelles mesures depuis janvier 2026
Face à cette situation, les dispositifs de protection ont été renforcés. Les opérateurs français utilisent notamment le Mécanisme d’Authentification des Numéros (MAN), destiné à créer une chaîne de confiance permettant d’authentifier les numéros utilisés lors des appels.
Depuis le 1er janvier 2026, les opérateurs doivent également masquer le numéro mobile français présenté par certains appels provenant de l’étranger lorsqu’il n’est pas possible d’en confirmer l’authenticité. Cette mesure vise notamment à réduire l’exploitation d’une faille utilisée pour faire transiter des appels frauduleux depuis l’étranger.
L’Arcep a par ailleurs ouvert en janvier 2026 une enquête administrative concernant l’ensemble des opérateurs attributaires de numéros de téléphone, afin notamment d’étudier l’origine et les routes empruntées par les appels impliqués dans ces fraudes et de contrôler le respect des obligations d’authentification.
Que faire si votre numéro est usurpé ?
L’Arcep recommande notamment de signaler l’usurpation sur la plateforme « J’alerte l’Arcep ». Elle précise également que changer de carte SIM est inefficace et que changer de numéro est généralement inutile lorsque l’usurpation est temporaire.
Pour en savoir plus :
Consulter les recommandations officielles de l’Arcep sur l’usurpation de numéro